Une marche historique des survivantes ouvre le congrès mondial de CAP à Montréal
10 juin 2024« Nous, survivantes de la prostitution du Canada et du monde entier, appelons à une marche pour mettre fin au système de prostitution ! »
Le 1er juin 2024, les rues de Montréal ont été le théâtre d'un moment fort dans la lutte contre le système de prostitution : la Marche mondiale des survivantes, qui a officiellement ouvert le 4e Congrès mondial pour l'abolition de la prostitution « L'égalité en action » de CAP International.
Organisée par CAP International, SPACE International et La CLES, la marche a rassemblé 28 survivantes de la prostitution provenant de 13 pays différents, rejointes par plus de 250 allié·e·s et militant·e·s. Ensemble, ils ont marché pour amplifier la voix des survivantes et mettre le leadership des survivantes au premier plan du mouvement abolitionniste mondial.
© Maïka Charrette
© Maïka Charrette
« La prostitution est une violence, plus de silence »
Avec des slogans qui résonnaient dans des lieux symboliques tels que la place Émilie-Gamelin, la Cour de justice et le ministère de la Justice, la marche a délivré un message fort et unifié :
« La prostitution est une violence contre les femmes et les filles. Elle viole la dignité humaine. »
Brandissant des banderoles et scandant des slogans, les participants ont exigé :
- Une application plus stricte de la loi abolitionniste canadienne
- Des mesures immédiates pour faire face à la crise des femmes et filles autochtones disparues et assassinées, dont beaucoup sont exploitées par des proxénètes et des acheteurs de services sexuels
- Justice, dignité et égalité pour toutes les femmes et les filles
© Maïka Charrette
© Maïka Charrette
« Plus jamais de sœurs volées »
April Eve, survivante autochtone et militante, a pris la parole pour souligner :
« Ne croyez pas les mensonges des proxénètes ou de la « culture de la prostitution » qui nous disent que la prostitution est une bonne chose, qu'elle est source d'émancipation. Nous n'avons pas à faire cela pour survivre. »
© Maïka Charrette
Elle a dénoncé les liens profonds entre la prostitution, la traite des êtres humains et la tragédie des femmes et filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Elle a également souligné le rôle de la colonisation et de sa perpétuation dans l'objectivation et la marchandisation des femmes et filles autochtones, qui conduisent à leur surreprésentation dans le système de prostitution aujourd'hui.
Sa voix a fait écho aux slogans de la foule : « Écoutez les survivantes, mettez fin à la violence ».
Un appel mondial pour l'égalité
« Nous sommes unies en tant qu'organisations de première ligne et dirigées par des survivantes afin de partager les meilleures pratiques pour mettre fin à l'exploitation sexuelle. Un monde sans prostitution est possible »,
a déclaré Jennie-Laure Sully, coordinatrice de la CLES, membre canadien de CAP International.
« L'énergie était incroyable. Les gens étaient enthousiastes et avaient le sentiment d'avoir accompli beaucoup de choses simplement en étant ensemble et en montrant la force des survivantes ».-Cherie Jimenez, directrice de SPACE Intl.
À chaque pas unis et d'une seule voix puissante, la Marche des survivants a touché directement le cœur.
Les témoignages, les larmes, le courage inébranlable [même lorsque les voix tremblaient] ont fait résonner un message clair :
« Ce n'est pas normal. Cela doit cesser. Vous ne me possédez plus ». Ces moments ont marqué mon âme d'une manière que je n'oublierai jamais. Participer à cette expérience m'a donné une force renouvelée pour continuer à défendre ce qui est juste, à écouter la petite voix intérieure qui me dit « Continue... sois la voix des sans-voix » et à continuer à faire ma part, aussi modeste soit-elle, pour changer les choses pour ceux que la société ne voit pas. Merci à CAP de m'avoir donné l'occasion de participer à cet événement au Canada et de me permettre de transmettre son message à Malte. - Maria Borg Pellicano, représentante de Dar Hosea, notre membre maltais.
La Marche mondiale des survivantes a été un rassemblement puissant qui a réuni plus de 250 participantes : militantes des droits des femmes, expertes de première ligne, survivantes et alliées, toutes unies pour rappeler que la prostitution n'est ni du sexe ni du travail, mais un système de violence qui s'attaque aux personnes les plus vulnérables de nos sociétés.
Regardez le reportage de CTV Montreal News sur la Marche et la couverture de Global News.