Événement parallèle de la CSW62 : Les femmes rurales et urbaines unies contre l’exploitation sexuelle
13 mars 2018En marge de la CSW62 à New York, CAP a réuni des représentant·es de groupes marginalisés (femmes autochtones, rurales, noires et métisses, personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays) dans le but de :
- sensibiliser aux risques spécifiques et à la discrimination auxquels sont confrontées les femmes et les filles rurales,
- donner la parole aux survivantes rurales de l'exploitation et des violences sexuelles,
- mettre en avant le travail et les bonnes pratiques des membres internationaux de CAP dans les pays où un soutien direct est offert aux victimes rurales de l'exploitation (Afrique du Sud, Malawi, Inde, Lettonie, Irlande, etc.),
- établir des solidarités concrètes entre les femmes rurales et urbaines.
Intervenant·es
Discours d'ouverture : Expériences des femmes et des filles autochtones dans la province rurale du KwaZulu Natal
Sizani Ngubane, (Afrique du Sud), fondatrice du Rural Women's Movement et lauréate du prix Woman of Distinction 2018 du Forum CSW des ONG
Discours d'ouverture : Exploitation sexuelle et mobilisation des femmes rurales en Afrique du Sud – perspectives du mouvement de première ligne et des survivantes
Mickey Meji (Afrique du Sud), fondatrice du mouvement de survivantes KWANELE et représentante d'Embrace Dignity
Perspectives des femmes et des filles autochtones dans l’Amérique du Nord rurale et urbaine
Nicole Matthews (États-Unis), directrice, Minnesota Indian Women’s Sexual Assault Coalition
Expériences des femmes et des filles noires et racisées dans l’Amérique du Nord rurale et urbaine
Yasmin Vafa (États-Unis), directrice, Rights4Girls
Les femmes rurales déplacées par les conflits sont des victimes invisibles de l’exploitation sexuelle : défis dans les situations post-conflit
Erika Veloza (Colombie), fondatrice et directrice exécutive de GENFAMI – représentante de l’Iniciativa Pro Equidad de Género
Per-Anders Sunesson, ambassadeur itinérant chargé de la lutte contre la traite des êtres humains (Suède)
Modération : Zala Zbogar, chargée de la communication et des campagnes, CAP International
Contexte
Dans le monde entier et tout au long de l’histoire, les femmes et les filles issues des zones rurales, des communautés autochtones et des minorités ethniques ont été les principales victimes de la traite à des fins d’exploitation sexuelle.
Cette année, le thème prioritaire de la CSW62 est « Les défis et les opportunités pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes et des filles rurales ». Les femmes rurales constituent l’un des groupes les plus discriminés parmi les femmes et les filles, cumulant des vulnérabilités multiples et étant systématiquement surreprésentées dans la prostitution et d’autres formes d’exploitation sexuelle. Les groupes les plus surexploités comprennent les femmes et les filles rurales, autochtones, racisées, migrantes, réfugiées, pauvres et issues de minorités (Dalits, Roms). CAP International et ses membres reconnaissent que les personnes les plus touchées sont aussi celles qui bénéficient en dernier du soutien de la société et des politiques publiques.
Les femmes et les filles rurales sont particulièrement exposées au risque d’exploitation sexuelle et de violences. En raison de vulnérabilités spécifiques (notamment la dépossession des terres et des ressources, ainsi que la persistance de lois traditionnelles), elles peuvent tomber dans la prostitution ou être victimes de la traite vers les grandes villes ou vers d’autres pays.
Il en va de même pour d’autres groupes vulnérables, tels que les femmes autochtones en Amérique du Nord ou les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays dans la Colombie post-conflit. Elles peuvent être victimes de la traite à l’intérieur de leur pays, depuis des zones rurales pauvres vers les grandes villes, ou au-delà des frontières nationales. Dans les deux cas, les trafiquants exploitent leur situation précaire et leurs vulnérabilités spécifiques.
Cette situation met en évidence la nécessité d’une action coordonnée entre les mouvements de femmes rurales et urbaines, afin de travailler ensemble dans ces deux espaces pour stopper les flux et la demande d’exploitation sexuelle.